Ducati Streetfighter 848 vs Nuda 900 R : l’art du plaisir

Mr Wheel est-il tombé sur la tête ? Un comparatif entre une Ducati Streetfighter 848 et une Nuda 900 R est un poil décalé, ces deux bêtes n’ont pas tout à fait la même définition mais deux points les unissent : le prix et l’exclusivité/rareté, bref cela méritait un essai des deux !
Car oui ces deux balles de guerre coûtent à peu de choses près le même paquet d’euros : 11 590 euros pour la Husqvarna contre 12 490 euros pour la Ducati.
A ce tarif, soyez de suite rassurés : suspensions, freinages et châssis sont de très grandes qualités et vous bénéficiez de motos très au dessus de celles qui pourraient sembler les concurrencer.
Yamaha FZ8 et Kawasaki Z750 ne jouent pas dans la même cour quoiqu’en disent leurs propriétaires … (c’est du vécu au feu rouge !)
Super Roadster contre Super Fun !
La Ducati s’impose de suite comme celle tenant le rôle du roadster. Aux côtés de la référence Triumph Street Triple R, elles n’est peut être pas plus performante mais en tout cas bien plus valorisante.
La Streetfighter 848 en impose dès qu’on l’approche, la qualité de finition impressionne.
La Nuda, finalement, on a beau tourner autour, on se demande toujours si une catégorie lui correspond. Pas tout à fait roadster ni supermotard, finalement elle n’appartient à aucun genre si ce n’est qu’elle sent la connerie.
Elle fait un peu jouet voir “cheap” avec ses lignes décalées (jetez un oeil au garde boue avant) mais elle a au moins le mérite de faire différent sans être désagréable à l’oeil.
Mode d’emploi dans les deux cas.
La Ducati, on doit l’accompagner. On est bien loin d’un comportement à la Honda. Au moment d’entrer en bataille avec les copains, l’improvisation n’a pas sa place.
Pourtant, Ducati a refermé l’angle avant pour plus de maniabilité versus une Streetfighter 1098 mais elle reste rigide, elle a quand même besoin d’un peu d’espace et de belles routes pour se transformer en scalpel.
On sort la fesse dès le début du freinage, on engage l’épaule, on fait attention à ses appuis sur les reposes pieds, bref on la pilote ! Une vraie italienne.
Si on ne suit pas le mode d’emploi, la SF 848 ne se transformera pas en mauvaise moto, loin de là, simplement pour donner le meilleur d’elle même, elle a besoin de vous, novices, passez votre chemin.
La Husqvarna est d’abord déconcertante par … sa position. Les fesses hautes, la garde au sol est immense et un guidon finalement assez plat, on se sent plus dessus que dedans.
Seulement la force de la Nuda 900 R, c’est son côté intuitif : un passage pour comprendre, le second un peu plus vite et ainsi de suite.
Les deux motos font le même poids (195 kg avec les pleins) et pourtant, on jurerait la Husky plus légère tant elle est plus facile et moins exigeante quand on va vite.
Surtout, elle autorise tout, y compris reprendre les freins sur l’angle sans se relever, elle encaisse tout. On remarque tout juste une trop grande vivacité des suspensions avant à la détente sur le changement d’angle rapide.
Une assiette peut-être plus basculée sur l’avant changerait cela ou bien des réglages différents, au moins Husqvarna a le mérite de nous avoir fourni une moto “stock”, non pas que la Ducati ne l’était pas mais on se demande si ce n’est pour des raisons de confort, pourquoi Husqvarna n’affûte pas plus encore sa moto à la sortie d’usine.
Moteur : pétard à mèche courte contre gros pétard … en théorie
La Husqvarna profite d’un moteur plein, non bridé. Mais hélas pour elle, il ne se réveille qu’une fois le seuil 6 000 tours passé pour donner le meilleur de lui même entre 7000 (10 mkg de couple maxi) et 8 500 trs (105 ch), on le voit, il faut le cravacher en haut et la plage de régime est assez courte.
Heureusement la boîte à l’étagement parfait le seconde très bien et l’on profite beaucoup de la 3ème dans le sinueux pour relancer efficacement la moto.
En face, le Testastretta 11° souffre d’une castration à 100 ch au lieu de 132 ch à 10 000 tr/mn pour un couple maxi d’un peu plus de 9 mkg au même régime.
Du coup, il ne profite pas chez nous de sa force plus importante. Passé 7 000 trs, il devient assez linéaire à cause de la bride à l’ouverture des papillons. En revanche, il commence à tracter plus tôt, dès 4 000 trs.
Mais par deux premiers rapports de boîte très courts, la Ducati délivre un beau caractère, ce qui fait toujours la force des machines de Bologne.
Pour quoi faire ?
La Husqvarna est clairement la reine des villes, ultra maniable, elle se faufile partout, tourne dans un mouchoir de poche. Elle est aussi la reine des départementales avalées à toc et de la montée du Ventoux par exemple.
Pour tailler la route, on est freiné par le manque de protection, par la relative dureté de la selle.
La Ducati me semble être plus complète (polyvalente ?) même si elle n’apprécie que modérément la ville (rayon de braquage trop grand et embrayage ferme).
L’exercice de la piste est forcément envisageable avec les deux. La Nuda préférera aller rouler à Carole qu’à Dijon ou Magny Cours par exemple, encore que l’on verra ce que donne l’équipage Moto Revue au Bol d’Argent à son guidon.
L’une est pure passion, l’autre une pure moto (vous me suivez là ?), dans les deux cas, vous ne serez pas déçus.
Au passage, nous avons apprécié le faible appétit de nos montures alors que nous ne les avons pas ménagées. La conso moyenne s’établit toujours sous les 7l aux 100 km, voir 6,5l pour la Nuda.













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